7. Le concerto

 

 

            Le concerto (dialogue entre un ou des solistes et l’orchestre) est apparu à l’époque baroque. On distingue deux types de concerto : le concerto grosso, et le concerto pour soliste.

            Dans le concerto grosso, une partie des instruments, les solistes (concertino), dialoguent avec le reste de l’orchestre (ripieno ou grosso). Les six Concertos brandebourgeois de J. S. Bach sont de bons exemples de concerto grosso.

            Dans le concerto pour solistes, le groupe de solistes se réduit à un seul instrument qui « concerte » avec l’orchestre. Aux époques classique et romantique, cette forme prendra des proportions plus importantes et se moulera sur la structure de la symphonie, son premier mouvement se structure alors sur la forme-sonate. Ce n’est évidemment pas encore le cas à l’époque baroque où le concerto a trois mouvements dont les structures internes sont assez libres (vif-lent-vif).

 

            Vivaldi (1678-1741), compositeur vénitien, est le maître du concerto baroque pour soliste, genre dont il fixa le cadre et qu’il pratiqua intensivement, pour de nombreux instruments (flûtes, mandolines, trompettes, violon, clavecin, etc.). La plupart de ses œuvres sont inédites. De son vivant, seuls 13 recueils de musique instrumentale furent publiés (op. 1 à 13), dont les plus connus sont L’estro armonico (op. 3) et Il cimento dell’armonica e dell’invenzione (op. 8), ouvrage dont le titre est tout un programme : confronter l’harmonie et l’invention, c’est opposer les règles de composition, la raison, à la liberté créatrice, à l’imagination, – les opposer pour mieux les réconcilier…

            C’est dans ce recueil de douze concertos, paru à Amsterdam en 1725, que se trouvent les concertos à programme que sont « les quatre saisons ». Conçus à partir de sonnets évoquant le cycle saisonnier, ses quatre concertos, de structure tripartite chacun (vif-lent-vif), sont de bons exemples du principe de la mimesis en musique et du figuralisme. La musique, à la fois, veut imiter les sons de la nature (orage, pluie, chants des oiseaux), et utilise pour évoquer la douceur ou l’aridité de certaines saisons, des procédés d’écriture qui les figurent.

 

            L’allegro initial du Printemps est construit sur la forme couplets-refrains (ritournelle) avec le retour périodique d’un thème principal joué par tout l’orchestre, figurant la joie du printemps et la légèreté de cette saison. Les cinq couplets évoquent tel ou tel aspect de la nature décrit dans le sonnet (gazouillis des oiseaux, bruissement des fontaines, tonnerre qui gronde, etc.).

 

Extrait :

Vivaldi, Allegro du Concerto N° 1 en mi Majeur dit « le printemps »

Giuliano Carmignola, Vl, Venice Baroque Orchestra, dir. A. Marcon

(Sony)

Partition analysée